Chaque hiver, la bronchiolite touche de nombreux bébés, et la plupart guérissent chez eux. Quand votre bébé respire mal, il est pourtant difficile de savoir si c’est banal ou urgent.
Faut-il appeler le 15, consulter le jour même ou surveiller à la maison ? Dans cet article, nous allons voir quoi surveiller et quand appeler sans attendre.
Quand faut-il appeler le 15 sans attendre ?
Les signes qui imposent d’appeler le 15 ou le 112
Appelez immédiatement le 15 si votre bébé a beaucoup de mal à respirer, fait des pauses respiratoires, devient bleu autour de la bouche ou fait un malaise. Vous pouvez aussi appeler le 112, le numéro d’urgence européen.
Appelez le 15 avant de vous déplacer aux urgences : le professionnel vous oriente vers le recours adapté.
Appelez aussi le 15 si votre bébé présente l’un de ces signes :
- Il dort tout le temps, ou il manque de tonus, c’est-à-dire qu’il est mou et sans force.
- Sa respiration devient lente alors qu’il reste très gêné.
- Il vomit à chaque prise, ou il boit moins de la moitié de ses biberons à trois repas de suite.
Les signes qui justifient un avis médical dans la journée
Consultez le jour même si votre bébé respire de plus en plus vite ou si sa poitrine se creuse à chaque inspiration.
Quand il est calme, comptez ses respirations pendant une minute. Plus de 60 par minute pendant longtemps doit être signalé au médecin.
Un changement de comportement, de l’agitation ou une difficulté à boire demandent aussi un avis médical rapide. Si votre bébé refuse de téter, voyez le muguet du bébé et les situations où consulter sans attendre.
Consulter dans la journée
Bébé pas encore vu par un médecin
- Il a moins de 3 mois ou une fragilité particulière : il doit être évalué vite.
- Sa respiration est saccadée ou sifflante.
- Il boit moins de la moitié de sa quantité habituelle depuis plus de 24 heures.
- Sa fièvre est très élevée ou mal supportée.
Bébé déjà vu par un médecin
- Son état s’aggrave : appelez le médecin dans la journée.
- Demandez-lui un nouvel avis si les signes déjà repérés reviennent ou s’intensifient.
Quels bébés sont plus fragiles ?
Les bébés de moins de 2 mois ont un risque plus élevé de forme grave.
Les bébés nés avant 36 semaines de grossesse, dits prématurés, sont aussi plus exposés. Pour eux, on tient compte de l’âge corrigé, calculé depuis la date d’accouchement prévue.
Les enfants atteints d’une maladie du cœur, des poumons ou du système immunitaire sont plus exposés.
Une malformation du cœur non opérée ou une trisomie 21 en font partie. Si c’est le cas de votre enfant, prévenez son pédiatre dès les premiers signes.
Appelez rapidement le 15 si votre bébé a moins de 6 semaines, si un ancien prématuré a moins de 3 mois ou si votre bébé a déjà une maladie respiratoire ou cardiaque connue.
Dans ces cas, n’attendez pas de voir si ça passe.
Qu’est-ce que la bronchiolite ?
La bronchiolite est une infection virale des petites bronches, qu’on appelle les bronchioles. L’inflammation et les sécrétions gênent le passage de l’air, ce qui fait respirer le bébé plus difficilement.
Chez les moins de 2 ans, environ 70 % des cas sont dus au virus respiratoire syncytial, ou VRS. Ce virus circule toute l’année, mais le plus souvent entre octobre et mars. Pour la plupart des enfants, la maladie guérit d’elle-même.
Le virus se transmet par la toux, les postillons, les sécrétions du nez ou des yeux, et par les mains et les objets touchés, comme les tétines et les jouets.
Un adulte ou un enfant plus âgé qui n’a que des symptômes de rhume peut suffire à le transmettre au bébé.
Les symptômes, jour après jour
La bronchiolite commence le plus souvent par un rhume, puis une toux. Ensuite, la respiration peut devenir plus rapide et sifflante. Chez certains bébés, le ventre ou les espaces entre les côtes se creusent à chaque respiration.
Dans la plupart des cas, la bronchiolite guérit en 5 à 10 jours. La toux, en revanche, peut durer plusieurs semaines. Une toux qui persiste ne veut pas dire que la maladie s’aggrave : c’est le délai habituel.
Pendant la bronchiolite, surveillez trois points, car ce sont eux qui montrent si votre bébé va moins bien :
- La respiration : si elle devient plus difficile ou plus rapide, consultez sans attendre.
- Le comportement : s’il change par rapport à d’habitude, demandez rapidement un avis médical.
- Les quantités bues : si votre bébé mange ou tète moins bien, reconsultez. Une gêne respiratoire peut le fatiguer au point de l’empêcher de finir ses tétées.
Comment se soigne la bronchiolite ?
À la maison
À la maison, le but est de soulager votre bébé. Lavez son nez au sérum physiologique, c’est-à-dire de l’eau salée, régulièrement pendant toute la durée des symptômes. Le nez dégagé, il respire et tète plus facilement.
Pour les repas, donnez de petites quantités plus souvent. Si votre bébé est allaité, proposez le sein plus souvent, et gardez l’allaitement.
Pour limiter la contagion, suivez ces gestes :
- Aérez le logement plusieurs fois par jour.
- Lavez-vous les mains avant et après chaque contact avec lui.
- Nettoyez souvent ce qu’il porte à la bouche, comme la tétine.
- Si la gêne persiste ou si sa respiration, son comportement ou son alimentation se dégradent, demandez un nouvel avis médical.
À l’hôpital
Les formes graves demandent l’hôpital. Le médecin peut le proposer si votre bébé a moins de 2 mois, boit peu ou a besoin d’oxygène. Ce choix revient à l’équipe médicale.
L’oxygène peut être nécessaire si la saturation, le taux d’oxygène dans le sang, passe sous 92 %. Une baisse d’au moins 50 % des repas habituels sur trois prises de suite peut mener à un soutien nutritionnel.
Les signes qui peuvent mener aux soins intensifs
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Repérez les pauses respiratoires
Votre bébé arrête de respirer quelques secondes, puis reprend. Ce signe peut justifier des soins intensifs.
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Surveillez l’épuisement respiratoire
Il respire avec de plus en plus de mal et n’arrive plus à tenir l’effort. Cela peut conduire à une prise en charge en réanimation.
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Signalez une hausse rapide des besoins en oxygène
Il lui faut en peu de temps davantage d’oxygène pour garder une saturation correcte. L’équipe médicale décide alors de la suite des soins.
Peut-on l’éviter ?
Pour limiter la transmission du virus, lavez-vous les mains avant et après chaque contact avec le bébé. Aérez le logement, nettoyez souvent les objets que le bébé touche et évitez les contacts rapprochés avec une personne malade.
Ces gestes réduisent les occasions d’attraper le virus, sans garantir que votre bébé n’en attrapera pas. Ils ne protègent pas de toutes les infections respiratoires. Surveillez donc quand même sa respiration, son comportement et ce qu’il boit.
Deux stratégies permettent de protéger le bébé contre le VRS, et on en retient généralement une seule.
| Critère | Abrysvo (vaccin de la mère) | Beyfortus ou Enflonsia (pour le bébé) |
|---|---|---|
| Quand | Une dose, entre 32 et 36 semaines de grossesse | Dès la naissance, idéalement avant la sortie de la maternité |
| Période de campagne | Du 14 septembre 2026 au 28 février 2027 | Du 14 septembre 2026 au 28 février 2027 |
| Si la mère a été vaccinée | Le bébé ne reçoit généralement pas d’anticorps monoclonal | Seulement dans des situations particulières, choisies par l’équipe médicale |
Retenez surtout trois points : la respiration, le comportement et les quantités bues. Ce sont eux qui montrent si votre bébé va moins bien.
Si un signe d’urgence apparaît, appelez le 15 sans attendre. Sinon, notez ce qui vous inquiète et appelez votre médecin pour un avis rapide.
