Symptômes du prédiabète : les signes d’alerte à ne pas ignorer

Une personne utilisant un lecteur de glycémie pour mesurer son taux de sucre dans le sang.

Le prédiabète passe souvent inaperçu : on peut se sentir bien et avoir pourtant une glycémie trop élevée.

Vous vous demandez s’il existe des signes pour le repérer, et quoi faire ensuite ?

Cet article fait le point sur les signes d’alerte, sur la prise de sang qui permet de savoir, et sur les gestes pour éviter le diabète de type 2.

Quand faut-il consulter ?

Le prédiabète peut passer inaperçu. Si vous ne ressentez rien, cela ne suffit donc pas à écarter une glycémie trop élevée. Seule une mesure de la glycémie permet de le savoir.

C’est aussi le cas de l’hypertension silencieuse, qui ne se ressent pas. Pour repérer quand s’inquiéter, voyez les signes qui doivent alerter.

Consultez un médecin sans attendre si vous remarquez l’un de ces signes, qui peuvent faire penser à un diabète :

  • Vous avez une soif importante.
  • Vous urinez souvent, plus que d’habitude.
  • Vous perdez du poids sans raison.
  • Même sans aucun signe, faites-vous dépister tous les trois ans après 45 ans si vous avez au moins un autre facteur de risque.

Qu’est-ce que le prédiabète ?

La glycémie, c’est le taux de sucre dans le sang. À jeun, une glycémie inférieure à 1,10 g/L est normale.

Entre 1,10 et 1,25 g/L, c’est un prédiabète, soit environ 6,1 à 6,9 mmol/L.

Une personne utilise un autopiqueur au bout d’un doigt, près d’un lecteur de glycémie, d’une bandelette et d’un flacon posés sur une table.
La glycémie à jeun se mesure après une nuit sans manger ; un résultat élevé mérite un échange avec un professionnel de santé.

Dès 1,26 g/L (7 mmol/L), c’est le seuil du diabète, à confirmer par une deuxième analyse.

Près d’un adulte sur dix en France avait un prédiabète entre 2014 et 2016. Les hommes sont plus touchés que les femmes.

La résistance à l’insuline

L’insuline aide le sucre du sang à entrer dans les cellules. Quand elles répondent moins bien à cette hormone, le sucre reste en plus grande quantité dans le sang : c’est la résistance à l’insuline.

Le prédiabète signale donc un risque de diabète de type 2, sans être une maladie déclarée. Parlez-en avec un professionnel de santé et prévoyez un suivi.

Pourquoi survient le prédiabète ?

Les facteurs sur lesquels on peut agir

Le surpoids et le manque d’activité physique régulière font partie des facteurs de risque du diabète de type 2.

Ce sont deux facteurs sur lesquels vous pouvez agir. Si vous bougez peu, vous êtes sédentaire : commencez par 30 minutes de marche, trois fois par semaine.

Le manque de sommeil est un troisième facteur à surveiller. Quand on dort peu, l’insuline, l’hormone qui fait baisser le sucre dans le sang, agit moins bien.

Des nuits courtes ou mal dormies sont associées à une glycémie à jeun plus haute et à une résistance à l’insuline. Pour y veiller, couchez-vous à heures régulières.

Les facteurs qu’on ne peut pas modifier

Facteurs qu’on ne peut pas changer

Ce qu’on ne peut pas modifier

  • L’âge : le risque augmente avec les années. À partir de 45 ans, un dépistage ciblé est recommandé si un autre facteur de risque est présent.
  • Un parent du premier degré (père, mère, frère, sœur ou enfant) atteint de diabète.
  • Chez la femme : un diabète pendant une grossesse, ou la naissance d’un enfant de plus de 4 kg.
  • Une origine non caucasienne, ou le fait d’être migrant.

Les médicaments

Certains traitements augmentent le risque, notamment les corticoïdes et les antipsychotiques atypiques. Ne modifiez pas un traitement de vous-même : parlez-en au médecin qui l’a prescrit.

Comment ça se manifeste

Le prédiabète ne donne pas toujours de signes visibles. Il passe donc souvent inaperçu, et une personne qui se sent bien peut en être atteinte.

Aucun symptôme ne permet de le repérer à coup sûr. Pour le savoir, il faut une prise de sang qui mesure votre glycémie.

Trois signes à faire vérifier

Soif importante

  • Une soif qui revient, même après avoir bu

Envies fréquentes d’uriner

  • Des passages répétés aux toilettes

Amaigrissement inexpliqué

  • Ces signes ne prouvent pas un prédiabète, mais ils justifient une prise de sang. Pour en savoir plus, voyez signes du diabète chez l’adulte.
  • Une perte de poids sans régime ni effort

Comment le diagnostic est posé

Le dosage de la glycémie à jeun

La prise de sang à jeun est l’examen de référence pour dépister le prédiabète. Elle mesure votre glycémie, c’est-à-dire le taux de sucre dans le sang, prélevé dans une veine du bras.

Pour que le résultat soit fiable, ne mangez rien pendant au moins huit heures avant le prélèvement.

Pour savoir ce que signifie votre résultat, voyez comprendre vos résultats d’analyse de sang.

Le chiffre de votre glycémie à jeun, exprimé en grammes par litre (g/L), indique s’il s’agit d’un prédiabète ou d’un diabète.

Critère Prédiabète Diabète
Glycémie à jeun De 1,10 à 1,25 g/L 1,26 g/L ou plus
Glycémie au-dessus de 2 g/L, à n’importe quel moment Pas concerné Avec symptômes, le diagnostic est posé directement
Ce qu’il faut faire Refaire le dosage un an plus tard Refaire une glycémie à jeun pour confirmer, si elle est de 2 g/L ou moins

Qui doit être dépisté

Qui faire dépister

  • Si vous avez 45 ans ou plus, repérez vos facteurs de risque : surpoids, hypertension, lipides sanguins anormaux, antécédents familiaux ou antécédents de grossesse.
  • Si vous avez au moins un de ces facteurs, demandez un dépistage ciblé, à refaire tous les trois ans.
  • Si vous présentez un signe évocateur de diabète, demandez un dosage de la glycémie, quel que soit votre âge.
  • Notez la date de votre dernier dosage pour savoir quand le refaire.

Comment sortir du prédiabète

Pour prévenir le diabète, l’hygiène de vie est le levier principal. Concrètement, il s’agit de bouger davantage et de mieux manger.

Un programme américain de prévention visait une perte de 5 à 7 % du poids.

Chez des adultes à haut risque, il a réduit de 58 % le risque de diabète de type 2 en moyenne. Ce chiffre n’est pas garanti : chacun réagit à sa façon.

Concrètement, voici les repères à suivre :

  • Visez 150 minutes d’activité modérée par semaine, soit 30 minutes, cinq jours par semaine.
  • Augmentez l’effort petit à petit, avec une activité adaptée à votre santé.
  • Mangez au moins 25 g de fibres par jour, grâce aux légumineuses, aux légumes verts et aux céréales complètes.
  • Remplacez les céréales raffinées par des céréales complètes, et limitez les sucres ajoutés.
  • Adaptez votre plan alimentaire à vos habitudes, sans restriction excessive, et demandez conseil à un professionnel de santé.

Combien de temps faut-il pour que la glycémie baisse ?

Changer ses habitudes peut réduire le risque de diabète. Mais aucun délai n’est fixé pour faire baisser votre glycémie : personne ne peut vous donner une date à l’avance.

Ne vous fixez donc pas de échéance précise. Faites contrôler votre glycémie par votre médecin pour savoir où vous en êtes.

Un suivi chaque année

Après un diagnostic de prédiabète, faites mesurer votre glycémie chaque année.

Continuez ce suivi même si vous vous sentez bien ou si vous avez déjà commencé à changer vos habitudes. Le prédiabète se passe souvent de symptômes, c’est donc la prise de sang qui permet de savoir où vous en êtes.

Le prédiabète passe souvent inaperçu : se sentir bien ne suffit pas à l’écarter. Seule une prise de sang permet de savoir où vous en êtes.

Votre prochain pas : demandez à votre médecin un dosage de la glycémie, surtout si vous avez plus de 45 ans ou un facteur de risque. Puis agissez sur votre mode de vie.