Glycémie à jeun : comprendre vos résultats d’analyse de sang

Un bras avec un pansement après une prise de sang posé sur une table avec un tube de prélèvement.

La glycémie à jeun normale se lit difficilement sur une feuille d’analyse. Le chiffre change selon l’unité choisie par le laboratoire : g/L, mg/dL ou mmol/L.

Cet article vous aide à lire votre résultat et à savoir quand consulter.

Glycémie à jeun normale : les valeurs de référence à connaître

Chez l’adulte, une glycémie à jeun normale se situe généralement entre 0,70 et 1,10 g/L. La glycémie mesure la quantité de glucose, c’est-à-dire le sucre présent dans le sang. Les laboratoires peuvent afficher une plage légèrement différente selon leur méthode d’analyse.

La conversion dépend de l’unité utilisée par votre laboratoire :

  • 0,70 g/L correspond à 70 mg/dL, soit environ 3,9 mmol/L.
  • 1,10 g/L correspond à 110 mg/dL, soit environ 6,1 mmol/L.

Pour passer des g/L aux mg/dL, multipliez la valeur par 100. Pour obtenir des mmol/L, multipliez-la par environ 5,55.

Un résultat proche de 1,10 g/L ne suffit pas à conclure à une maladie. Le médecin tient compte des conditions du prélèvement, de vos facteurs de risque et de l’évolution des résultats. Une glycémie entre 1,00 et 1,10 g/L mérite une attention particulière en cas de grossesse prévue ou de traitement pouvant l’augmenter.

Une femme assise sur un fauteuil, les yeux fermés et une main posée sur le front, se tient près d’une table avec une tasse et d’une lampe allumée.
Des sueurs, des tremblements ou une faiblesse associés à un résultat bas méritent une interprétation médicale.

Une glycémie inférieure à 0,70 g/L évoque une hypoglycémie, c’est-à-dire un taux de sucre trop bas. Elle peut provoquer tremblements, sueurs, faiblesse, troubles de la concentration ou malaise. Le risque est plus élevé chez une personne traitée pour un diabète.

Entre 1,10 et 1,25 g/L, le résultat évoque un prédiabète

En France, une glycémie veineuse à jeun comprise entre 1,10 et 1,25 g/L, soit 6,1 à 6,9 mmol/L, correspond à une hyperglycémie modérée à jeun. On parle alors de prédiabète.

La prise de sang doit être réalisée après un jeûne nocturne de 10 à 12 heures.

La prévention agit sur les facteurs modifiables. Elle repose sur :

  • une alimentation équilibrée
  • une activité physique régulière
  • moins de temps passé assis
  • l’arrêt du tabac
  • une consommation limitée d’alcool

Ces mesures peuvent retarder l’apparition d’un diabète. Elles ne suffisent pas toujours à elles seules à revenir à une glycémie normale.

Une assiette composée de quinoa, de pois chiches, d’avocat, de légumes rôtis et de salade est posée sur une table en bois.
Une alimentation équilibrée fait partie des mesures de prévention, sans garantir à elle seule une glycémie normale.

Après un résultat dans la zone du prédiabète, la Haute Autorité de santé recommande en général de refaire la glycémie à jeun dans le mois qui suit.

Le médecin peut avancer ce contrôle selon vos facteurs de risque et votre état de santé.

Le seuil du prédiabète s’arrête à 1,25 g/L.

À partir de 1,26 g/L, soit 7,0 mmol/L, le résultat évoque un diabète. Une seconde prise de sang est généralement nécessaire pour confirmer le diagnostic.

Ce seuil ne permet cependant pas toujours de poser le diagnostic sur une seule prise de sang.

Prédiabète ou diabète : deux zones de résultat

Zone du prédiabète

Entre 1,10 et 1,25 g/L, soit 6,1 à 6,9 mmol/L.

Zone diagnostique du diabète

À partir de 1,26 g/L, soit 7,0 mmol/L.

La glycémie diagnostique se mesure par prise de sang veineux

Une soignante masquée et gantée prélève du sang dans le bras d’une personne assise, dont le bras repose sur un accoudoir avec un garrot bleu.
Pour le dépistage, la prise de sang est réalisée le matin après une période de jeûne.

Pour dépister un diabète chez une personne sans symptôme, le laboratoire réalise une prise de sang veineux le matin. Le prélèvement mesure la glycémie à jeun.

Le jeûne dure 10 à 12 heures. Dans le cadre du dépistage décrit par la Haute Autorité de santé, il dure souvent 10 à 12 heures.

Pendant ce jeûne, suivez ces règles :

  • Buvez de l’eau nature.
  • Évitez les aliments, les boissons sucrées, le lait et les boissons caloriques.
  • Le café et le thé peuvent modifier certaines analyses ou les conditions du prélèvement. Suivez les consignes du laboratoire.
Ne modifiez pas votre traitement seul

Ne modifiez pas votre traitement de votre propre initiative. Certains médicaments peuvent influencer la glycémie, notamment les corticoïdes. Le laboratoire ou le médecin vous indiquera s’il faut prendre un médicament avant le prélèvement. Signalez aussi tout traitement récent ou toute maladie en cours.

Le matin de l’analyse, évitez de fumer avant le prélèvement. Signalez si vous avez mangé, bu autre chose que de l’eau ou pris un médicament inhabituel.

Si le jeûne n’a pas été respecté, prévenez le laboratoire. Il peut maintenir l’analyse, la noter comme non strictement à jeun ou proposer un autre rendez-vous.

Un lecteur capillaire donne une valeur utile pour suivre les variations au cours de la journée. Il ne remplace pas la prise de sang diagnostique.

Un résultat qui ne correspond pas à vos symptômes ou à votre situation doit être vérifié avec un professionnel de santé.

Un résultat isolé ne suffit pas toujours à confirmer un diabète

Une glycémie veineuse à jeun d’au moins 1,26 g/L doit généralement être confirmée. Une seconde prise de sang est alors nécessaire, chez une personne sans symptôme. Ce second dosage se fait dans le mois. Il faut être à jeun et éviter les facteurs qui peuvent fausser la glycémie.

Les corticoïdes peuvent augmenter la glycémie. Ils réduisent l’action de l’insuline. Cet effet peut apparaître pendant le traitement ou lors d’une forte dose. N’arrêtez jamais un corticoïde sans avis médical. Signalez simplement ce traitement lors de la prise de sang.

Avant la seconde prise de sang

  • Être à jeun dans les conditions demandées par le laboratoire
  • Signaler tout traitement en cours, notamment les corticoïdes
  • Refaire le dosage dans le mois qui suit le premier résultat

Une hyperglycémie peut provoquer une soif importante, des urines fréquentes, une fatigue inhabituelle ou un amaigrissement inexpliqué. Ces signes ne sont pas toujours présents. Leur absence ne suffit donc pas à écarter un diabète.

Gardez vos résultats avec l’unité indiquée et les conditions du prélèvement, puis montrez-les à votre médecin. C’est lui qui décide si un contrôle doit être refait ou avancé. Il tient compte de vos facteurs de risque pour fixer la suite.