Comment soulager une poussée d’arthrose et retrouver votre mobilité

Une personne debout sur un sentier tient son genou douloureux au coucher du soleil, symbolisant l'arthrose.

Le genou est raide au réveil. Chaque pas ravive la douleur.

Comment soulager une poussée d’arthrose sans rester immobile ? Cet article vous explique les bons gestes et la reprise progressive des mouvements.

Pendant la poussée, réduisez la charge sans immobiliser l’articulation

Une poussée d’arthrose est une aggravation temporaire des symptômes. Elle provoque une douleur, une raideur et parfois un gonflement plus marqués. Elle peut limiter la marche, le sommeil et les gestes du quotidien pendant au moins 24 heures.

La poussée dite congestive (avec gonflement de l’articulation) s’accompagne souvent des signes suivants :

  • une douleur qui augmente en quelques jours
  • une raideur au réveil de plus de 15 minutes
  • un gonflement
  • une chaleur ou une rougeur autour de l’articulation

Ces signes diffèrent de vos symptômes habituels.

Pendant cette période, suspendez les activités physiques qui sollicitent l’articulation douloureuse. Le repos reste toutefois relatif. Vous pouvez garder les gestes indispensables, en en réduisant la durée et l’intensité.

Certaines activités augmentent fortement la charge sur l’articulation. Elles sont à limiter :

  • les stations debout prolongées
  • les courses et le ménage
  • les escaliers
  • le port de charges lourdes

Fractionner les tâches reste la meilleure approche. Alternez une courte période d’activité avec un temps de repos.

Une canne réduit la charge sur un genou douloureux. Tenez-la du côté opposé au genou atteint. Deux cannes anglaises peuvent aider lorsque la marche reste difficile. Apprenez leur usage avec un professionnel.

Froid ou chaud : quel choix selon l’articulation

Le froid

Le froid diminue temporairement la douleur et le gonflement. Une poche froide, enveloppée d’un linge, se place sur la zone concernée pendant une courte période.

Le chaud

Le chaud peut assouplir une articulation raide. Il est à éviter si elle est déjà chaude ou gonflée. La peau doit toujours être protégée pour limiter les brûlures et les irritations.

L’immobilisation prolongée entretient la raideur et la faiblesse musculaire. Dès que la poussée diminue, reprenez progressivement les mouvements autorisés, même si une douleur résiduelle persiste.

Douleur brutale, gonflement ou chaleur : quand consulter rapidement

Un avis médical rapide est justifié dans ces situations :

  • une douleur qui augmente brutalement sans cause claire ;
  • une articulation gonflée, rouge ou chaude ;
  • une raideur au réveil qui se prolonge.

Ces signes peuvent correspondre à une poussée d’arthrose. Ils peuvent aussi venir d’une autre atteinte articulaire.

Fièvre et articulation rouge

La fièvre ou les frissons associés à une articulation rouge, chaude et très douloureuse imposent de consulter sans attendre. Une infection articulaire fait partie des situations à écarter en priorité.

Une chute, un choc, une torsion ou une douleur apparue après un effort peuvent évoquer une lésion différente de l’arthrose. Une crise de goutte (inflammation liée à l’acide urique) ou une autre maladie inflammatoire peut aussi provoquer une douleur aiguë et un gonflement.

Une poussée peut s’améliorer en quelques jours, grâce à l’adaptation des activités et au traitement conseillé. Consultez si la douleur :

  • dure plus de 14 jours ;
  • survient surtout la nuit ;
  • reste importante après la disparition du gonflement.

Médicaments : choisissez avec un professionnel et limitez les risques

Les médicaments soulagent les symptômes. Ils ne réparent pas le cartilage. Ils ne remplacent pas les exercices entre les poussées. Le choix dépend de l’articulation, des autres maladies et des traitements déjà pris.

Le paracétamol peut être proposé pour une douleur ponctuelle. Vérifiez le contenu des autres médicaments pris le même jour.

Un surdosage peut endommager le foie. Respectez la dose indiquée par le professionnel. Ne cumulez pas plusieurs produits qui en contiennent.

Un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS, médicament qui réduit la douleur et l’inflammation) peut être utilisé. Sous forme de gel, il est proposé pour une arthrose du genou ou d’une petite articulation. Il s’applique seulement sur une peau intacte, en suivant la notice.

Le kétoprofène peut provoquer une réaction au soleil, y compris par temps couvert.

Un AINS par voie orale peut être envisagé si le gel ne suffit pas ou ne convient pas. Il se prend à la dose minimale efficace et pendant la durée la plus courte possible. Un protecteur de l’estomac peut être prescrit selon le risque digestif.

Les AINS sont contre-indiqués dans plusieurs situations :

  • ulcère ou saignement digestif
  • allergie à cette famille de médicaments
  • insuffisance rénale ou cardiaque grave
  • à partir du sixième mois de grossesse

Certains traitements pour le cœur, la tension ou la coagulation peuvent aussi poser problème.

Ne pas associer deux AINS

Deux AINS ne doivent pas être pris ensemble, même si leurs noms commerciaux diffèrent. Il faut aussi vérifier les médicaments contre le rhume, la douleur ou les règles, car certains contiennent déjà un AINS. Le pharmacien doit être consulté avant toute association.

Une infiltration de corticoïdes consiste à injecter localement un anti-inflammatoire dans l’articulation. Elle peut être envisagée quand les autres traitements ne conviennent pas, ou pour reprendre les exercices. Le soulagement dure en général de deux à dix semaines.

Reprenez les mouvements progressivement après la crise

La reprise commence quand le gonflement et la chaleur diminuent. Les mouvements redeviennent possibles. Une douleur modérée pendant l’exercice peut survenir. Une douleur vive ou une aggravation durable impose de réduire l’effort et de demander conseil.

Les premières séances restent courtes et peu intenses. La durée augmente d’abord, puis l’intensité. Cela laisse à l’articulation le temps de s’adapter. Évitez un effort important le lendemain d’une journée calme.

Trois types d’exercices se complètent :

  • La mobilité, qui entretient l’amplitude articulaire.
  • Le renforcement musculaire, qui soutient l’articulation.
  • L’endurance, comme la marche, le vélo ou la natation, qui améliore les capacités générales et réduit la gêne à moyen terme.

Pour une arthrose du genou, les exercices de renforcement de la cuisse et de la hanche peuvent réduire la douleur et les difficultés d’activité.

  • Pour une arthrose de la hanche, le renforcement et les étirements peuvent améliorer les mouvements et la fonction.

Quand demander l’avis d’un kinésithérapeute

  • Raideur qui persiste malgré les mouvements quotidiens.
  • Faiblesse musculaire autour de l’articulation.
  • Perte d’équilibre au quotidien.
  • Difficulté à reprendre la marche.

Un kinésithérapeute peut aider en cas de raideur, de faiblesse musculaire, de perte d’équilibre ou de difficulté à reprendre la marche. La rééducation commence en dehors de la poussée congestive.

Un vélo est appuyé contre un banc au bord d’un lac, tandis qu’une personne marche sur un sentier ombragé.
Après une poussée, reprenez l’endurance doucement et augmentez l’effort selon vos capacités.

Prévenez les récidives et retrouvez votre mobilité

Entre les poussées, l’activité physique régulière constitue le traitement de fond le mieux établi. Elle associe mobilité, renforcement musculaire et endurance. La régularité compte davantage qu’une séance intense réalisée de temps en temps.

Les périodes prolongées assises ou allongées sont à réduire. Il faut se lever et bouger au moins une minute par heure. La marche, les tâches ménagères et les déplacements peuvent aussi être répartis en plusieurs séquences courtes.

En cas de surpoids ou d’obésité avec une arthrose du genou, une perte de poids peut réduire la douleur et améliorer la fonction. Une diminution de 5 à 10 % du poids initial fournit un objectif mesurable, à fixer avec un professionnel.

Noter les activités qui déclenchent une poussée, sa durée et les mesures qui soulagent aide à ajuster les distances, les charges, les pauses et les exercices. Ce suivi se partage avec le médecin, le pharmacien ou le kinésithérapeute.

Une poussée d’arthrose passe, et la manière dont vous la traversez compte autant que le traitement. Le plus sûr reste de surveiller les signes qui doivent faire consulter sans attendre : fièvre, articulation rouge et chaude, douleur qui persiste au-delà de 14 jours ou qui réveille la nuit. Tant que ces signes sont absents, la reprise progressive des mouvements reste la voie à suivre.