Des démangeaisons accompagnées de plaques squameuses, de cheveux cassés ou de zones dégarnies peuvent évoquer une mycose du cuir chevelu. Il ne faut toutefois pas les confondre avec de simples pellicules. La teigne du cuir chevelu est contagieuse et nécessite généralement un traitement médical adapté.
Teigne, mycose et dermatophytes : ce qui atteint réellement le cuir chevelu
Le terme mycose du cuir chevelu désigne une infection provoquée par un champignon. La forme la plus connue est la teigne du cuir chevelu, aussi appelée tinea capitis. Elle est le plus souvent liée à des dermatophytes, des champignons capables d’atteindre la couche superficielle de la peau et la tige du cheveu.

Cette infection concerne fréquemment les enfants avant l’adolescence, mais elle peut aussi toucher les adultes, notamment après un contact avec un animal infecté ou en cas de fragilité immunitaire. Elle ne traduit pas un manque d’hygiène. La contamination résulte surtout de la transmission de spores fongiques, puis de leur implantation sur le cuir chevelu.
Pourquoi les cheveux peuvent casser ou tomber
Le dermatophyte peut coloniser la tige capillaire. Le cheveu devient alors fragile, se casse près de la racine et laisse parfois des points noirs visibles sur la peau. Une chute de cheveux localisée est donc possible. Lorsqu’elle est prise en charge rapidement, la repousse est souvent possible. En revanche, une inflammation profonde et prolongée peut exceptionnellement laisser une alopécie cicatricielle, c’est-à-dire une zone où le follicule ne repousse plus.
Repérer les signes et ne pas s’autodiagnostiquer
Les manifestations varient selon le champignon et l’intensité de la réaction inflammatoire. Une plaque isolée mérite déjà une attention particulière, surtout si elle s’étend ou si plusieurs personnes du foyer présentent des symptômes similaires.

- démangeaisons persistantes et desquamation ;
- plaques sèches, rouges, grises ou squameuses ;
- cheveux cassés, zones clairsemées ou petites zones dégarnies ;
- points noirs correspondant à des cheveux rompus ;
- sensibilité, douleur, croûtes ou suintement dans les formes inflammatoires.
Pellicules, dermatite séborrhéique ou teigne : des indices utiles
| Aspect observé | Pellicules ou dermatite séborrhéique | Teigne possible |
|---|---|---|
| Squames | Souvent diffuses, sans plaque nettement délimitée | Souvent regroupées en plaques circonscrites |
| Cheveux | Habituellement conservés | Cassés à la racine ou absents par zones |
| Contagion | Non | Possible par contact ou par des objets contaminés |
| Inflammation | Variable, généralement modérée | Parfois importante, avec douleur ou gonflement |
Ce tableau aide à observer les signes, mais il ne remplace pas un examen médical. Le psoriasis, une folliculite, l’eczéma ou d’autres affections peuvent aussi provoquer des squames. Le bon réflexe consiste à faire examiner le cuir chevelu plutôt qu’à multiplier les shampoings ou à appliquer des huiles essentielles.
Comprendre la contagion pour couper la chaîne de transmission
La teigne peut se transmettre par contact direct avec une personne infectée, mais aussi par l’intermédiaire d’un chat, d’un chien ou d’un autre animal porteur. Les jeunes animaux peuvent être concernés sans présenter de lésion évidente. Un avis vétérinaire est indiqué lorsqu’un animal du foyer présente des zones sans poils, des croûtes ou des plaques.
La transmission indirecte passe par les brosses, les peignes, les bonnets, les casques, les serviettes, les taies d’oreiller et les draps. Les spores peuvent subsister plusieurs mois sur certaines surfaces. Pour limiter une réinfection, il faut donc prendre en compte la personne infectée, l’animal éventuellement porteur, le linge et les accessoires utilisés. Traiter un seul de ces éléments peut laisser persister une source de contamination.
Les gestes utiles dès une suspicion
- ne pas partager de brosse, de peigne, de bonnet, de serviette ni d’oreiller ;
- laver les serviettes, les draps et les taies, puis les renouveler régulièrement pendant la prise en charge ;
- nettoyer ou remplacer les brosses, les peignes et les accessoires difficilement lavables ;
- sécher soigneusement le cuir chevelu après le lavage ;
- surveiller les proches et les animaux vivant au domicile.
Diagnostic médical et traitement : ce qui permet une guérison durable
Le médecin généraliste ou le dermatologue examine les plaques, les cheveux et l’état inflammatoire du cuir chevelu. Si nécessaire, il réalise un prélèvement de squames ou de cheveux pour rechercher et identifier le champignon. Cet examen aide à distinguer une dermatophytose d’une autre maladie du cuir chevelu et à adapter le traitement.
Pourquoi un simple produit local ne suffit pas toujours
Dans la teigne du cuir chevelu, le traitement repose souvent sur un antifongique par voie orale, car le champignon atteint le cheveu. La terbinafine, la griséofulvine ou l’itraconazole peuvent être envisagés selon l’âge, la situation clinique et le germe identifié. Un shampooing au sulfure de sélénium, utilisé au moins deux fois par semaine chez l’enfant selon les situations rapportées, ou un traitement local peut compléter la prescription pour limiter la dissémination.
Il faut respecter la durée prescrite et ne pas arrêter le traitement dès la disparition des démangeaisons. Chez la femme enceinte ou allaitante, le nourrisson, une personne immunodéprimée ou en cas de traitement habituel, un avis médical et pharmaceutique est indispensable avant toute automédication.
Consulter rapidement en cas de cuir chevelu douloureux ou très inflammatoire
Une consultation est recommandée dès l’apparition de plaques accompagnées de cheveux cassés ou d’une perte de cheveux. Elle doit être rapide en cas de zone étendue, de douleur, de gonflement, de croûtes épaisses, de pus, de ganglions, de fièvre ou de kérion, une forme très inflammatoire de teigne. Une prise en charge précoce limite la contagion et réduit le risque de séquelles capillaires.
Évitez de masquer les lésions avec des produits irritants ou de compter uniquement sur un soin cosmétique. Le traitement approprié, associé au nettoyage du linge et des accessoires, reste la stratégie la plus fiable pour traiter l’infection et protéger l’entourage.
