Quel est le prix de la pilule du lendemain en pharmacie ? Il dépend de votre âge et de votre couverture sociale. On hésite parfois à demander le médicament au comptoir.
Voici les repères de prix, les justificatifs et les délais.
Prix de la pilule du lendemain en pharmacie : ce qui est gratuit et ce qui ne l’est pas
En France, la pilule du lendemain est gratuite pour les personnes mineures et pour les personnes majeures couvertes par l’Assurance maladie ou par l’aide médicale de l’État. Elle se délivre sans ordonnance en pharmacie.
Les prix publics des principales présentations servent surtout de repères lorsque la prise en charge ne peut pas s’appliquer. Une boîte contient en général un seul comprimé.
- NorLevo 1,5 mg, à base de lévonorgestrel, coûte 4,28 € avec les honoraires de dispensation.
- Lévonorgestrel Viatris 1,5 mg, générique de NorLevo, coûte 3,50 €.
- ellaOne 30 mg, à base d’acétate d’ulipristal, coûte 12,61 €.
- Ulipristal acétate Viatris 30 mg, générique d’ellaOne, coûte 7,53 €.
Ces montants correspondent aux prix publics en pharmacie de ville, honoraires compris, avant toute prise en charge. Le prix dépend donc de la spécialité et de sa présentation, et non de la pharmacie choisie.
Ce que rembourse l’Assurance maladie

La gratuité concerne les deux molécules disponibles en pharmacie. Le lévonorgestrel, présent notamment dans NorLevo et plusieurs génériques, peut être pris jusqu’à 72 heures après le rapport. L’acétate d’ulipristal, présent dans ellaOne et plusieurs génériques, peut l’être jusqu’à 120 heures.
Les justificatifs acceptés en pharmacie
Une personne majeure doit présenter l’un des justificatifs suivants pour bénéficier de la gratuité :
- une carte Vitale ;
- une carte de l’aide médicale de l’État ;
- une attestation de droits à l’Assurance maladie.
Une personne mineure n’a pas à présenter de carte Vitale, de carte d’identité ni de justificatif d’âge pour obtenir une contraception d’urgence en pharmacie. La délivrance est gratuite et anonyme. Elle peut la demander sur simple déclaration orale.
Le reste à payer selon votre situation
Le reste à payer est nul si vous êtes mineure ou si, majeure, vous présentez en pharmacie une carte Vitale, une carte de l’aide médicale de l’État ou une attestation de droits à l’Assurance maladie.
Une personne majeure sans couverture sociale peut obtenir la pilule gratuitement, mais le lieu compte. En pharmacie, la gratuité repose sur une couverture reconnue. Dans un centre de santé sexuelle ou un CeGIDD, la délivrance peut être gratuite et sans ordonnance.
La pilule du lendemain s’obtient sans ordonnance, directement au comptoir
La pharmacie est le lieu le plus direct pour obtenir une contraception d’urgence hormonale. Vous demandez le médicament au comptoir. La pharmacie n’a pas besoin d’ordonnance pour délivrer la contraception d’urgence hormonale. Cette règle vaut pour les personnes majeures comme pour les personnes mineures.
Les étapes au comptoir
La délivrance suit généralement plusieurs étapes :
- Vous indiquez que vous cherchez une contraception d’urgence.
- Le pharmacien vérifie la date et l’heure du rapport à risque.
- Il demande quel médicament ou quelle méthode contraceptive a été utilisé.
- Il recherche une éventuelle interaction avec vos traitements.
- Il vérifie les conditions de remboursement ou d’anonymat.
- Il vous explique quand et comment prendre le comprimé.
- Il vous indique les signes qui doivent conduire à consulter.

L’entretien peut se dérouler à l’écart, dans un espace qui préserve la confidentialité. Vous pouvez demander à parler à part, notamment pour évoquer un rapport subi, un traitement ou une situation personnelle.
Les questions posées par le pharmacien
Le pharmacien peut vous demander depuis combien de temps le rapport a eu lieu. Cette information détermine si le lévonorgestrel ou l’acétate d’ulipristal peut encore être utilisé.
Il peut aussi vouloir savoir si d’autres rapports non protégés ont eu lieu pendant le même cycle.
Il vérifie également :
- la date de vos dernières règles
- l’existence d’une contraception habituelle
- la présence de vomissements ou de diarrhées
- les traitements pris au cours des dernières semaines
- un éventuel allaitement
- certains antécédents médicaux
- une allergie possible aux composants du médicament
Ces questions ne remplacent pas une consultation gynécologique. Elles limitent les risques d’erreur et repèrent les interactions. Si la pilule n’est pas la solution adaptée, le pharmacien vous oriente vers un médecin ou une sage-femme.
Avant de vous présenter au comptoir
- Noter la date et l’heure du rapport à risque.
- Repérer la date de vos dernières règles.
- Lister les traitements pris ces dernières semaines.
- Vérifier si vous avez déjà une contraception habituelle.
La disponibilité varie selon le produit
La pharmacie peut avoir une seule molécule en stock, plusieurs références ou aucune présentation disponible. Les génériques peuvent apporter une solution si la marque demandée manque.
Les génériques contiennent la même molécule que la marque correspondante et s’utilisent dans le même délai.
Si le médicament recherché manque, demandez au pharmacien s’il existe une autre présentation de la même molécule. Il peut aussi vérifier dans une officine voisine. Agissez vite, car l’efficacité baisse à mesure que la prise est retardée.
Une pharmacie n’a pas besoin d’ordonnance pour délivrer la contraception d’urgence hormonale. En revanche, un dispositif intra-utérin au cuivre nécessite une ordonnance. Un professionnel habilité doit ensuite le poser.
Les autres lieux de délivrance
La contraception d’urgence hormonale peut aussi être obtenue dans les lieux suivants :
- un centre de santé sexuelle
- un centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic
- une infirmerie scolaire
- un service de santé étudiante
Les centres de santé sexuelle et les CeGIDD accueillent gratuitement les personnes majeures sans couverture sociale. Les élèves et les étudiants peuvent obtenir une délivrance anonyme et gratuite. Ils s’adressent alors aux services de santé scolaire ou universitaire.
L’âge change les justificatifs et l’anonymat, pas le droit à la gratuité
La pilule du lendemain n’est pas réservée à une tranche d’âge. Les adolescentes peuvent la recevoir dès l’apparition de leurs premières règles, comme les adultes. Il n’existe pas de limite d’âge maximale.
Les mineures bénéficient d’une délivrance gratuite et anonyme

Une mineure peut demander la pilule du lendemain en pharmacie sans autorisation parentale. La délivrance est gratuite et anonyme. Le pharmacien ne demande ni carte Vitale, ni carte d’identité, ni preuve de l’âge.
Après 18 ans, la couverture sociale devient le repère
À partir de 18 ans, la délivrance reste sans ordonnance. Pour la gratuité, présentez une carte Vitale, une carte de l’aide médicale de l’État ou une attestation de droits.
À 25 ans, la pilule du lendemain reste accessible. Pour une personne majeure disposant d’une couverture sociale, la gratuité ne s’arrête pas à cet âge.
Avant de vous présenter au comptoir après 18 ans
- Vérifiez que votre carte Vitale est à jour.
- Prenez votre attestation de droits si vous n’avez pas encore de carte Vitale.
- Prenez votre carte de l’aide médicale de l’État si vous en bénéficiez.
Une personne majeure sans droits ouverts peut obtenir la pilule gratuitement dans un centre de santé sexuelle ou un CeGIDD. Ces structures informent aussi sur le dépistage, la contraception et le suivi médical.
Lévonorgestrel et ulipristal peuvent être pris jusqu’à cinq jours après le rapport
La contraception d’urgence hormonale agit surtout en retardant l’ovulation. Elle n’interrompt pas une grossesse déjà commencée et ne protège pas les rapports qui ont lieu après la prise.
Le lévonorgestrel se prend dans les 72 heures

Le lévonorgestrel doit être pris le plus rapidement possible, de préférence dans les 12 heures suivant le rapport à risque. Le délai maximal est de 72 heures, soit trois jours.
NorLevo et les génériques de lévonorgestrel contiennent une dose unique de 1,5 mg. Vous pouvez le prendre à n’importe quel moment du cycle, si une grossesse en cours n’est pas suspectée.
L’efficacité baisse quand le délai s’allonge. Si le rapport remonte à plus de 72 heures, le pharmacien peut vous orienter vers l’acétate d’ulipristal ou vers un professionnel capable de poser un DIU au cuivre.
L’ulipristal reste utilisable jusqu’à 120 heures
L’acétate d’ulipristal doit lui aussi être pris le plus tôt possible. Son délai maximal est de 120 heures, soit cinq jours après le rapport sexuel non ou mal protégé.
ellaOne et les génériques d’acétate d’ulipristal contiennent une dose unique de 30 mg. Cette molécule peut être proposée quand le délai dépasse 72 heures sans excéder cinq jours.
Il ne faut pas associer l’acétate d’ulipristal et le lévonorgestrel pour un même rapport sans avis médical. Leur association n’améliore pas la contraception d’urgence et peut réduire l’effet attendu.
Le poids et le cycle peuvent influencer le choix
Pour les deux molécules, les données suggèrent une baisse possible d’efficacité avec un poids élevé ou un indice de masse corporelle élevé. Ces données restent limitées. Elles ne permettent pas de fixer un seuil individuel au-delà duquel la pilule serait inutile.
Le pharmacien peut donc vous demander votre poids approximatif, la date de vos dernières règles et le moment probable du rapport. Il peut proposer un avis médical ou un DIU au cuivre si le risque d’inefficacité paraît plus élevé.
Les traitements et l’allaitement demandent un conseil
Certains médicaments peuvent accélérer l’élimination des hormones et diminuer leur efficacité. Il s’agit notamment :
- de certains traitements contre l’épilepsie
- de certains traitements contre la tuberculose
- de certains traitements contre le VIH
- de certains traitements contre les infections fongiques
- du millepertuis
L’allaitement après la prise
Après lévonorgestrel
Il est conseillé d’allaiter juste avant la prise, puis d’attendre au moins huit heures avant la tétée suivante. Le lait tiré pendant cette période doit être jeté.
Après acétate d’ulipristal
L’allaitement est déconseillé pendant une semaine. Il est recommandé de tirer le lait pour maintenir la lactation, puis de le jeter pendant cette période.
Le DIU au cuivre constitue une autre solution de contraception d’urgence

Le dispositif intra-utérin au cuivre, aussi appelé stérilet au cuivre, peut être posé dans les cinq jours suivant le rapport à risque. Il rend les spermatozoïdes inactifs. C’est la méthode de contraception d’urgence la plus efficace.
La pose doit être organisée rapidement
Consultez un médecin, une sage-femme ou un infirmier habilité à prescrire le DIU au cuivre. Au moment de prendre rendez-vous, précisez qu’il s’agit d’une contraception d’urgence.
L’infirmier peut prescrire le DIU au cuivre pour cette indication, mais il ne peut pas le poser. La pose doit être réalisée par un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme.
Le professionnel vérifie les éventuelles contre-indications, prescrit le dispositif, puis organise sa pose dans le délai de cinq jours. Vous n’avez pas besoin d’avoir déjà eu une grossesse ou un enfant pour utiliser un DIU.
Avant la pose
- Prendre rendez-vous en précisant qu’il s’agit d’une contraception d’urgence
- Consulter un médecin, une sage-femme ou un infirmier habilité à prescrire le DIU au cuivre
- Vérifier que la pose est organisée dans le délai de cinq jours
Le prix dépend de l’âge
Pour une personne de 26 ans ou plus, le DIU au cuivre coûte 30,50 € hors consultations médicales et est remboursé à 65 %. Le montant restant dépend ensuite de la complémentaire santé.
Pour une personne de moins de 26 ans, le dispositif est pris en charge à 100 % sur prescription, hors frais qui ne relèvent pas du dispositif lui-même.
Après la prise, le pharmacien peut vous guider pour la suite
La contraception d’urgence peut être utile dans plusieurs cas. Par exemple, après une rupture ou une absence de préservatif, un oubli de pilule, un décollement de patch ou l’expulsion d’un anneau vaginal. Elle peut aussi l’être après des vomissements survenus sous contraception hormonale.
Les effets indésirables restent généralement passagers
Les effets possibles comprennent :
- les nausées
- les maux de tête
- les douleurs abdominales
- la fatigue
- les vertiges
- une tension des seins
- des saignements irréguliers
Les règles peuvent arriver quelques jours plus tôt ou plus tard que prévu.
Ces effets sont en général modérés et disparaissent vite. Des douleurs importantes, un malaise, des saignements inhabituels ou une réaction allergique demandent un avis médical.
Si vous vomissez dans les trois heures suivant la prise, le médicament risque de ne pas avoir été absorbé correctement. Demandez rapidement un autre comprimé au pharmacien ou à un professionnel de santé.
La contraception habituelle doit être adaptée
Après le lévonorgestrel, vous pouvez poursuivre ou reprendre votre contraception hormonale habituelle. Utilisez toutefois un préservatif jusqu’aux prochaines règles pour protéger les rapports qui suivent la prise.
Après l’acétate d’ulipristal, la reprise d’une contraception hormonale peut diminuer l’effet de la contraception d’urgence. Demandez au pharmacien quand reprendre votre pilule, votre patch ou votre anneau. Utilisez une contraception mécanique pendant la période conseillée.
La pilule du lendemain ne protège que le rapport qui l’a précédée. Un autre rapport non protégé au cours du même cycle peut entraîner une grossesse.
Le test de grossesse permet de vérifier si vous êtes enceinte

Faites un test de grossesse deux à trois semaines après la prise, même si des saignements sont survenus entre-temps. Un test est aussi nécessaire si les règles ont cinq à sept jours de retard ou si elles sont inhabituelles.
Consultez vite en cas de douleur abdominale importante, de malaise ou de saignements associés à un retard de règles. Ces signes peuvent demander une vérification médicale. Elle permet notamment d’écarter une grossesse extra-utérine.
La contraception d’urgence ne prévient pas le VIH ni les autres infections sexuellement transmissibles.
Après un rapport exposant à un risque, un CeGIDD, un centre de santé sexuelle ou un médecin peut proposer un dépistage et une prise en charge adaptée.
Une pharmacie de garde permet d’obtenir la pilule en dehors des horaires habituels
Une pharmacie de garde vous permet d’obtenir des médicaments en dehors des horaires habituels. Pour une demande urgente, vérifiez l’officine de garde avant de vous déplacer. Certaines restent fermées au public pendant leur astreinte.
Comment trouver une pharmacie ouverte
Vous pouvez rechercher une officine de garde :
- sur le site pharmacie-de-garde.ameli.fr
- en appelant le 3237 dans les départements couverts par ce service
- en consultant l’affichage d’une pharmacie proche
- auprès de la mairie, du commissariat ou de la gendarmerie.
Le 3237 est un service téléphonique payant. Il recherche une pharmacie à partir du lieu d’appel et de l’horaire auquel vous souhaitez vous y rendre.
Appelez avant de vous déplacer
Un appel préalable permet de vérifier que l’officine est bien ouverte. Vous pouvez aussi savoir si elle dispose d’une contraception d’urgence hormonale.
Demandez aussi si elle délivre le médicament de façon anonyme pour une personne mineure. Pour une personne majeure, demandez si le tiers payant est possible.
Si la pharmacie ne dispose pas de la présentation demandée, demandez un générique avec la même molécule. Le pharmacien peut aussi vous orienter vers une autre officine ou un centre de santé sexuelle.
En l’absence de pharmacie proche, un centre de santé sexuelle ou un CeGIDD peut proposer une délivrance gratuite aux personnes sans couverture sociale.
En cas de violence sexuelle, un service d’urgence ou un professionnel de santé peut aussi organiser les soins nécessaires.
Si vos règles ont cinq à sept jours de retard, ou si vous ressentez une douleur abdominale importante, faites un test de grossesse et consultez sans attendre. Le test se fait deux à trois semaines après la prise, même si des saignements sont survenus entre-temps.
