Comment soulager les règles douloureuses efficacement ?

Une femme tenant une bouillotte chaude contre son bas-ventre pour soulager des douleurs menstruelles.

Pendant les règles, l’utérus se contracte pour évacuer sa muqueuse. Ces contractions peuvent faire assez mal pour gêner le travail ou les études.

Quand la douleur arrive, on veut savoir quoi faire tout de suite et si elle doit inquiéter. Cet article vous explique quels gestes et quels antidouleurs peuvent soulager, pourquoi ces douleurs surviennent et quand consulter.

Pourquoi les règles font mal

D’où vient cette douleur ? Pendant les règles, l’utérus se contracte pour évacuer sa muqueuse. Ces contractions sont déclenchées par les prostaglandines, des molécules qui aident l’utérus à se contracter. Quand il en produit beaucoup, les contractions deviennent douloureuses.

Cette douleur porte le nom de dysménorrhée primaire. Elle n’est pas due à une maladie de l’utérus ou du bassin. C’est la forme la plus fréquente, et elle apparaît souvent à l’adolescence.

Ce qui entretient la douleur

Le stress, le manque de sommeil et une journée passée assis tendent les muscles et rendent la douleur plus forte. Le tabac, l’alcool et le café aggravent souvent les crampes. Si vous en consommez, réduisez-les pendant vos règles.

Pour une digestion lourde qui s’ajoute aux crampes, voyez le fenouil.

Les gestes à faire dès les premières douleurs

La chaleur et le bain chaud

Posez une bouillotte sur le bas-ventre : la chaleur aide souvent à calmer la douleur. Il n’existe pas de température ni de durée qui conviennent à tout le monde.

Une personne assise tient un coussin gris contre son ventre, les mains posées dessus.
Interposez un tissu et retirez la bouillotte si la chaleur devient inconfortable.

Protégez votre peau avec un linge et vérifiez la chaleur avant de poser. Arrêtez si ça devient inconfortable. Un bain chaud apporte aussi du confort, mais évitez une eau assez chaude pour brûler ou faire malaise.

La marche, le mouvement doux et le massage

Dès les premières douleurs, trois gestes simples peuvent aider :

  • Marchez ou faites un mouvement doux si vous vous sentez capable de bouger. Sur la durée, des séances de 45 à 60 minutes, au moins trois fois par semaine, peuvent réduire la douleur, même si les preuves restent faibles.
  • Massez doucement le bas-ventre si cela vous soulage.
  • Reposez-vous si le mouvement augmente la douleur. Dans ce cas, arrêtez l’activité et reprenez-la plus tard, quand la douleur est retombée.
Vos habitudes en une minute

Vérifiez que vous dormez assez, à peu près aux mêmes heures. Un bon sommeil aide à prévenir les douleurs.

Regardez si vos repas sont variés.

Comptez vos séances de marche ou de sport de la semaine. Une activité physique régulière aide à prévenir les douleurs.

Ces habitudes ne guérissent pas les règles douloureuses et ne remplacent pas un traitement. Si vous en prenez un, continuez-le.

Antidouleurs sans ordonnance : lequel choisir

Paracétamol et antispasmodique

Pour une douleur légère à modérée, vous pouvez prendre du paracétamol ou du phloroglucinol, un antispasmodique. Pour comparer ibuprofène et paracétamol, voyez le bon choix entre ces deux antidouleurs.

Chez l’adulte, ne dépassez pas 3 g de paracétamol par jour sans avis médical. Espacez les prises et vérifiez que vos autres médicaments n’en contiennent pas. Pour le phloroglucinol, suivez la dose de la notice du produit.

Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)

Pour l’ibuprofène, la dose dépend de la boîte. Voici ce qui vaut pour certaines boîtes de 400 mg, comparé à ce qui compte pour les règles douloureuses.

Critère Boîte de 400 mg Règles douloureuses
Dose par prise Un comprimé Vérifiez la notice de votre boîte, car la dose dépend du produit
Renouvellement Après 6 à 8 heures, si besoin Prise sur 1 à 3 jours
Maximum par jour 1 200 mg Ne le dépassez pas
Prendre l’AINS tôt, et pas plus longtemps que nécessaire

Prenez-le dès que les premières douleurs ou les premiers signes des règles apparaissent. Attendre que la douleur devienne forte rend le soulagement plus difficile à obtenir.

Prenez la dose la plus faible qui vous soulage, pendant le moins de jours possible. Dès que les douleurs disparaissent, arrêtez.

Les médicaments à éviter et les précautions

Évitez l’aspirine pendant les règles : elle peut augmenter les saignements. Ne prenez pas deux anti-inflammatoires (AINS) en même temps. Ne prenez pas non plus un AINS avec un médicament contenant de l’aspirine, sauf avis d’un professionnel de santé.

Pour les doses et les précautions de l’ibuprofène, voyez cette page avant de le prendre.

Avant tout AINS, demandez conseil dans ces cas :

  • Vous êtes enceinte : l’ibuprofène est interdit dès 24 semaines d’aménorrhée.
  • Vous avez eu un ulcère ou un saignement digestif, ou vous êtes une personne âgée.
  • Vous avez eu de l’asthme ou une allergie après l’aspirine ou un AINS.
  • Vous prenez un anticoagulant ou un autre médicament.
  • Vous avez de la fièvre ou une infection : l’AINS peut masquer certains signes.

Plantes et compléments : ce qui n’est pas établi

Les plantes, l’huile de bourrache et le magnésium sont souvent proposés contre les douleurs de règles. Leur efficacité pour ces douleurs n’est pas établie, donc ils ne remplacent ni les gestes simples ni les antidouleurs.

Avant de prendre une plante ou un complément, demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien. C’est indispensable si vous suivez déjà un traitement, car un produit naturel peut interagir avec lui.

Ne pas remplacer un traitement

Un produit naturel n’est pas sans risque. Le prendre à la place d’un antidouleur, ou attendre qu’il agisse alors que la douleur s’aggrave, retarde le soulagement et peut retarder une consultation. Si vous êtes enceinte ou pourriez l’être, demandez un avis médical avant de prendre une plante ou un complément.

Quand la douleur a une autre cause

Les règles douloureuses liées au fonctionnement normal de l’utérus s’appellent la dysménorrhée primaire. Elle commence souvent à l’adolescence.

Si la douleur apparaît à l’âge adulte ou s’aggrave avec le temps, la cause peut être une maladie : endométriose, infection génitale chronique, trouble ovarien ou polype de l’utérus. C’est la dysménorrhée secondaire. Dans ce cas, parlez-en à votre médecin.

Pensez à l’endométriose si vous avez :

  • des règles très douloureuses, notées 8 sur 10 ou plus ;
  • des absences répétées à l’école ou au travail à cause de la douleur ;
  • une douleur qui résiste aux antalgiques ;
  • des douleurs profondes pendant les rapports sexuels ;
  • des troubles urinaires qui reviennent à chaque cycle.

Quand faut-il consulter ?

Consultez un médecin si la douleur ne baisse pas avec le traitement, si elle devient difficile à supporter ou si elle augmente d’un cycle à l’autre.

Si le traitement vous soulage pendant un ou deux cycles, un bilan n’est pas nécessaire tout de suite. Si la douleur change malgré tout, revenez voir le médecin.

Voici quand consulter vite, et ce qui suit :

  • Consultez dans la journée si vous changez de protection plus de six fois par jour.
  • Consultez dans la journée si des saignements abondants s’accompagnent de pâleur, de malaise, de fatigue ou de soif intense.
  • Le médecin vous pose des questions, vous examine et peut demander une échographie.
  • Si les antidouleurs ne suffisent pas, un traitement hormonal peut être proposé. Pour ses effets sur les règles, voyez la pilule et les saignements.

Pour soulager vos règles douloureuses : une bouillotte sur le bas-ventre, des mouvements doux et un antidouleur dès les premiers signes. Si la douleur est inhabituelle, s’aggrave ou résiste au traitement, consultez sans attendre.

Votre prochain pas : notez chaque cycle la force de vos douleurs, de 0 à 10. Puis prenez rendez-vous avec votre médecin.