Interactions médicamenteuses : les mélanges dangereux à éviter

Un verre de vin, un pamplemousse coupé en deux et divers médicaments sur une table de cuisine.

Entre un rhume, une douleur et une ordonnance de plus, vos médicaments s’accumulent vite.

Pris ensemble, deux médicaments peuvent se gêner, voire provoquer des saignements. Voici la liste des interactions médicamenteuses à éviter, et comment vérifier vos traitements.

Interactions médicamenteuses liste : les associations à éviter absolument

Anticoagulants, AINS et risque de saignement

Les anticoagulants empêchent la formation de caillots. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, comme l’ibuprofène ou le kétoprofène, irritent l’estomac. Ils perturbent aussi le fonctionnement des plaquettes. Associés, ils augmentent le risque de saignement, notamment digestif.

Les antiagrégants plaquettaires empêchent les plaquettes de s’agglutiner. Ils comprennent :

  • l’acide acétylsalicylique ;
  • le clopidogrel ;
  • le ticagrélor.

Associés à un anticoagulant oral, à une héparine ou à un autre antiagrégant, ils accroissent le risque hémorragique. La surveillance dépend du traitement.

Pamplemousse, plantes et médicaments courants

Le pamplemousse et son jus peuvent bloquer l’enzyme CYP3A4. Cette enzyme aide à éliminer plusieurs médicaments. Avec la simvastatine, la concentration du traitement peut grimper. Le risque : une atteinte musculaire grave, la rhabdomyolyse.

Le millepertuis, pris avec un contraceptif hormonal, peut réduire son efficacité. Il peut aussi provoquer des saignements irréguliers. Avec un anticoagulant antivitamine K, il faut contrôler l’INR dès le début ou l’arrêt de la plante.

La morphine, la codéine, l’oxycodone ou le tramadol ralentissent la respiration à forte dose. Associés à une benzodiazépine, comme le diazépam ou l’alprazolam, leurs effets sédatifs s’additionnent. Il peut en résulter une dépression respiratoire, un coma, voire un décès.

Opioïdes et benzodiazépines

Ce mélange touche directement la respiration. Ne prenez jamais une benzodiazépine en complément d’un opioïde sans avis médical, même pour un soulagement ponctuel.

Alcool et somnolence

L’alcool renforce la somnolence et la baisse de vigilance provoquées par ces traitements.

Évitez de conduire et consultez rapidement un médecin en cas de :

  • respiration lente ;
  • grande difficulté à rester éveillé ;
  • confusion.

Certains médicaments allongent l’intervalle QT, une durée mesurée sur l’électrocardiogramme. Plusieurs peuvent favoriser une torsade de pointes, un trouble grave du rythme cardiaque. Le risque augmente en cas de ralentissement du cœur ou de manque de potassium.

Les interactions peuvent réduire l’efficacité ou accroître la toxicité

Une interaction pharmacocinétique modifie la quantité de médicament présente dans le sang. Elle agit sur l’absorption, sur la transformation par le foie ou sur l’élimination par les reins.

La surveillance dépend du traitement. Elle peut inclure un dosage sanguin, une mesure de l’INR pour les antivitamines K, un électrocardiogramme pour certains antiarythmiques ou un dosage de la créatine phosphokinase pour certaines statines.

Ces examens ne remplacent pas l’observation des symptômes.

Signalez rapidement les signes suivants :

  • saignements inhabituels
  • bleus nombreux
  • palpitations
  • faiblesse musculaire
  • somnolence extrême
  • troubles digestifs
Une médecin en blouse blanche, avec un stéthoscope, parle à une patiente et lui montre un flacon de médicaments dans un cabinet médical.
Selon les effets observés, le médecin peut ajuster la dose ou proposer une autre molécule.

Le médecin peut réduire la dose, choisir une autre molécule ou renforcer les contrôles.

Ne jamais ajuster seul son traitement

Ne modifiez jamais seul la quantité prise, n’espacez pas les comprimés et n’interrompez pas un traitement prescrit.

Vérifier une interaction avec l’ensemble de vos traitements

Préparer une vérification complète

Notez le nom de chaque médicament et sa substance active. Le nom commercial peut varier selon le laboratoire, alors que la substance active permet de repérer plus facilement les doublons et les interactions.

Votre liste doit comprendre :

  • les traitements quotidiens ;
  • les médicaments pris ponctuellement ;
  • les produits sans ordonnance, comme les antalgiques, les médicaments contre le rhume, les sirops, les collyres, les plantes, les vitamines et les compléments alimentaires.

Indiquez la dose, la forme utilisée et la fréquence de prise. Mentionnez aussi les allergies, une grossesse éventuelle, une maladie rénale ou hépatique et les traitements récemment arrêtés.

Consulter les sources françaises

La Base de données publique des médicaments permet une recherche par nom commercial ou par substance active. Elle donne accès aux informations de référence des médicaments disponibles ou récemment commercialisés en France.

Depuis la fiche d’un médicament, vous pouvez ouvrir la notice destinée aux patients et le résumé des caractéristiques du produit (RCP). La rubrique consacrée aux interactions porte généralement le numéro 4.5 dans le RCP.

Agir sans modifier seul son traitement

Les niveaux de risque ne sont pas équivalents :

  • Contre-indication : l’association est interdite.
  • Association déconseillée : elle doit généralement être évitée.
  • Précaution d’emploi : elle peut être possible avec une adaptation ou une surveillance.
Une pharmacienne en blouse blanche présente une boîte blanche à une cliente au comptoir, devant des étagères de médicaments.
Faites vérifier l’ensemble de vos traitements avant de commencer un médicament sans ordonnance.

Demandez à votre pharmacien de vérifier la liste complète avant de commencer un médicament sans ordonnance. Consultez un médecin lorsqu’une adaptation de dose, un examen ou un remplacement du traitement semble nécessaire.

Le thésaurus des interactions de l’ANSM reste utile, mais il n’est plus mis à jour

Utiliser le référentiel avec prudence

Le thésaurus de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé se consulte par substance active ou par classe thérapeutique. Il présente les associations sous forme de couples.

La version du 15 septembre 2023 est la dernière. Le référentiel n’est plus mis à jour.

Compléter la recherche avec des sources à jour

Le RCP et la notice restent les documents de référence pour les interactions. Ils peuvent changer après une nouvelle donnée de sécurité ou une décision réglementaire.

Le thésaurus reste accessible sur le site de l’ANSM jusqu’au 15 juin 2027. Utilisez-le comme outil complémentaire.

Avant de vous fier à une association

  • Repérez la substance active de votre médicament.
  • Consultez le thésaurus par substance active ou par classe thérapeutique.
  • Contrôlez l’association dans la notice de votre médicament.
  • Vérifiez-la aussi dans le RCP correspondant.

Un traitement pris depuis des années peut voir ses informations de sécurité modifiées. Il est donc utile de revoir régulièrement vos traitements de longue durée, surtout lorsqu’un nouveau produit s’ajoute à la liste.